Séance Mostafa Derkaoui

MERCREDI 12 FÉVRIER, 14h
Médiathèque Jean Vautrin, Gradigan
entrée libre

De quelques événements sans signification (1974, 76 min)

Séance présentée par Touda Bouanani.

Avant-première de la 69ème édition de la Berlinale dans la section Forum en 2019

Une équipe de tournage en repérage pour un film déambule dans les rues de Casablanca au début des années soixante-dix. Le jeune cinéaste et ses collaborateurs, caméra et micro en main, parcourent la ville et interrogent les passants, les gens dans les cafés enfumés. Que devrait être pour eux le cinéma marocain ? Comment concevoir un cinéma pleinement indépendant ? Certains sont déroutés, mais les réponses fusent et l’équipe prend elle-même part au débat. La bande-son effrénée, entre cacophonie des bars de nuit et free-jazz, est étourdissante. Au détour des conversations prises sur le vif, un jeune homme va violemment détourner le fil du récit et déplacer les enjeux du film. Entre expérimentation formelle et constat social et politique, De quelques événements sans significations impressionne par sa vitalité, sa modernité et sa lucidité. Étoile filante dans l’histoire du cinéma, il doit être pensé avec les grands films documentaires français tels Chronique d’un été (1961) de Jean Rouch et Edgar Morin ou Le joli mai (1962) de Chris Marker et Pierre Lhomme. Derkaoui, qui met ici en scène un film de fiction, brouille les repères entre les niveaux de réalité. Sans naïveté, depuis le questionnement de l’équipe de tournage et son désir de cinéma, le film nous interroge à notre tour : que peut le cinéma ? Après une unique projection parisienne en 1974, le film fut immédiatement censuré au Maroc. Grâce au patient travail de L’Observatoire à Casablanca en collaboration avec la Filmoteca de Catalunya, De quelques événements sans signification a été restauré.
Ce film est aujourd’hui visible grâce à la restauration effectuée par la Filmoteca de Catalunya.

Mostafa Derkaoui est un réalisateur marocain originaire d’Oujda. Après des études de cinéma à Paris à l’IDHEC puis en Pologne dans la prestigieuse école de Lodz, il réalise en 1974 son premier film au Maroc, De quelques événements sans signification. Son cinéma s’inscrit, dès ce premier opus, dans la modernité cinématographique en questionnant la place du filmeur et le rôle du cinéma dans la société. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des grands représentants du cinéma marocain. Il a réalisé une vingtaine de films courts et longs-métrages.

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